Depardon – Wiseman, fous alliés : 2 films sur l’enfermement

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 Depardon/Wiseman

Fous alliés

 

L’occasion était trop belle d’enfin pouvoir associer ces deux figures tutélaires mondiales du documentaire. Titicut follies, 1967 / 12 jours, 2017. A 50 ans de distance précisément, leurs œuvres se font écho. L’enfermement mental et physique y est montré dans toute sa cruauté, son humanité, sa justesse, sa crudité. Avec les réponses, bonnes ou mauvaises, apportées par l’institution. Ces deux cinéastes, par leurs œuvres immenses offrent une image parfaite de nos sociétés à travers la représentation de nos sphères politiques, sanitaires, juridiques, sociales, policières, sociales et donc sociétales. Ne ratez pas ces deux films que nous vous proposons dans leur ordre chronologique.

titicut_AffTiticut follies

De Frederick Wiseman

Etats unis / Documentaire / 1h24 / 1967

Bridgewater (Massachusetts), 1967. Frederick Wiseman tourne Titicut Follies, son premier film, dans une prison d’État psychiatrique et atteste de la façon dont les détenus sont traités par les gardiens, les assistants sociaux et les médecins à l’époque. Ce qu’il révèle a valu au film d’être interdit de projections publiques aux États-Unis pendant plus de 20 ans. Témoin discret et vigilant des institutions, Frederick Wiseman pose, avec Titicut Follies, les bases de ce qui fait son cinéma depuis 50 ans.

 

 

 

 

Ce sera son premier chef d’œuvre incontestable (D’ailleurs Depardon s’en inspirera plus tard dans son documentaire San Clemente). Une immersion saisissante. Depuis Wiseman a réalisé plus de 40 films qui composent un portrait mosaïque de la société contemporaine. Il a d’ailleurs été récemment récompensé par un Oscar pour l’ensemble de son œuvre mais il faut reconnaitre que dès ce film choc longtemps invisible, il a marqué durablement les esprits.

12 jours_Aff12 jours

De Raymond Depardon

France / Documentaire / 1h27 / 2017

Avant 12 jours, les personnes hospitalisées en psychiatrie sans leur consentement sont présentées en audience, d’un côté un juge, de l’autre un patient, entre eux naît un dialogue sur le sens du mot liberté et de la vie.

 

 

 

 

 

 

 

« J’ai tenté de donner un point de vue universel et nouveau sur le problème complexe de la santé mentale. Nous sommes sortis grandis de ce film qui donne la parole à ceux qui sont momentanément enfermés dans leur esprit et en ont perdu l’usage. Ces personnes vulnérables témoignent de leur histoire intime mais aussi à leur façon de l’histoire politique, sociale et morale de la France ; »

Raymond Depardon le Caladois a tourné ce film à l’hôpital Le Vinatier de Bron et a tenu à créer « un temps suspendu en filmant des plans de l’hôpital à l’intérieur des services et à l’extérieur où les malades circulent librement entre les pavillons. Ces images, que j’ai voulues douces et très définies, sont le support d’une composition musicale originale très inspirée d’Alexandre Desplat. J’ai aimé filmer le brouillard du matin et le faible soleil d’hiver, j’ai aimé revenir dans ma région pour capter les lumières de mon enfance. »